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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 16:53

Quand on a quelque chose sur le coeur, c'est bien d'en parler. Après, il y a toujours la manière avec laquelle on s'exprime qui est importante. C'est un savant dosage entre ce que les gens veulent entendre et ce que l'on veut exprimer. Il y a également plusieurs types de personnes.

 

Prenons d'abord ceux qui aiment parler de leurs problèmes, de telle sorte qu'ils en parlent sans arrêt pensant impressionner de façon positive la galerie, dans le sens où ils aiment à ce qu'on les place dans la catégorie "personnes ayant de gros problèmes mais allant de l'avant malgré tout - à plaindre et à admirer" (catégorie inexistante). Ceux-ci ne se rendent pas forcément compte qu'ils appartiennent en fait à une autre catégorie désignée par "personnes se lamentant sur les moindres soucis de la vie - inintéressantes et gonflantes". Si ces personnes, qui rabâchent leurs problèmes à longueur de temps, ne choisissent pas leurs destinataires et s'adressent à tout le monde de la même façon, alors on peut en conclure plusieurs choses. Premièrement, qu'elles ont un réel besoin de vivre comme ça, le fait de se plaindre et d'être pris en pitié apportent une satisfaction qui leur ai propre. C'est ainsi, un égoïsme certain, mais pas forcément à prendre mal, du point de vue du destinataire. Ensuite, on note, par ailleurs, que la situation peut parfois être telle qu'elle amène à des disputes dont l'origine n'est autre qu'une incompréhension. Si le destinataire essaie d'aider la personne "plaignante", il se verra très vite dans l'obligation de baisser les armes voire d'abandonner son but - celui d'aider la personne, vous suivez ? Car, en effet, cette personne ne souhaite pas être aidée comme vous l'entendez. Au contraire, elle souhaite être confortée dans son idée, celle qu'elle est la personne la plus malheureuse, en soi, mais la plus admirable, et donc qui mérite un profond respect de votre part. Si vous pensez que se plaindre à des limites, c'est donc que vous appartenez à l'une des deux catégories suivantes.

 

La seconde catégorie s'appelle "Personne normalement plaignante - à plaindre et à admirer avec modération". C'est le cas de la plupart des personnes. Il faut parfois se plaindre. C'est même nécessaire ! Mais il est hors de question de dépasser les bornes de la plainte - au risque de passer dans la catégorie 1. Quand ça ne va pas, et ça arrive à tout le monde sans exception, c'est même très bien de s'exprimer. Il faut juste réussir à le faire avec des pincettes et il est assez difficile alors de jauger avec précision et netteté la quantité parfaite. Ce n'est pas grave, on est tous humains et on a le droit à l'erreur, on a le droit de gonfler de temps en temps les fameux destinataires. Encore faut-il que ceux-ci soient relativement bien choisis. Il n'est pas question d'aller se plaindre d'un souci mineur, hors contexte, à son patron alors que celui-ci est occupé à démêler une affaire dont il aimerait se plaindre. Lui, aussi. Non, ce n'est pas comme cela que ça fonctionne. Une juste dose, tout est dans la proportion, selon la règle de "ce que les gens veulent entendre". Parfois, il s'avère que l'on ressente encore le besoin d'exprimer un problème, alors il devient nécessaire d'agir. Si l'on s'aperçoit que le niveau d'emmagasinement du destinataire est atteint, il faut changer de stratégie. Soit choisir un autre destinataire, soit s'attaquer au vrai fond du problème. Ceci semblant être tout de même la meilleure solution. 

 

La dernière catégorie est une utopie mais il semble important de faire un point dessus. Ce serait celle des "personnes ne se plaignant pas - si tel est le cas, à fuir". On a tous des problèmes et on a également tous quelque chose à dire. Il est vrai que parfois, il n'y a aucun destinataire humain possible. Dans ce cas, il existe quand même des solutions pour arriver à exprimer les choses mais il ne sert à rien de s'interdire, de se censurer et de s'oublier. C'est simplement dangereux. Soit on disparait sous une masse destructrice de règles, de tabous, de mal-être que l'on s'est imposé tout seul, et vraiment tout seul. Certes, certains destinataires essaient de faire peser un poids imaginaire sur nos épaules pour pouvoir se décharger eux-mêmes d'un trop plein d'égoïsme mais le seul à choisir dans l'histoire d'accepter, consciemment ou non, cette charge, reste nous même. La disparition totale de ce nous même est néfaste au destinataire de catégorie 1 mais également à celui de catégorie 2. Le destinataire de catégorie 1 n'ayant plus la possibilité de décharger sa masse miroir aux reflets condescendants, et le destinataire de catégorie 2 tentant réellement d'aider tout en se détruisant lui-même par le refus d'existence de la personne s'enfermant dans une prison de rejet. Comment aider quelqu'un qui n'existe pas ? La disparition totale étant effective seulement si cette personne le souhaite. 

Soit, et alors cette alternative est vraiment possible, la personne impose brusquement et violemment son existence. On ne parle alors plus de disparition - ou implosion - mais d'explosion.

 

Pour conclure,  on peut envisager que la clef du problème est avant tout la prise de conscience de sa propre catégorie. Et ceci n'est pas chose facile. Une fois le noeud du problème cerné, il est plus facile d'agir. Une confrontation avec les destinataires est parfois inévitable mais peut se révéler nécessaire. Enfin, libre à chacun de s'adapter en fonction de son aptitude à vivre, c'est-à-dire à choisir d'accepter sa situation telle qu'elle est, ou non. Tout dépend alors de nos propres besoins et des moyens que l'on dispose. Quelque soit la situation, le choix est toujours possible. Il ne dépend que de nous. 

 

 

Mi

 

 

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commentaires

chachachananana 24/02/2012 19:14

Il me semble que, pour une personne de « catégorie 2 », dépasser les bornes de la plainte ne la fait pas entrer dans la catégorie 1. C’est seulement qu’elle aura mal jugé les oreilles qui
l’écoutent et que ces oreilles ne peuvent pas l’écouter. Si une personne s’étend trop sur ses problèmes sans être qqn qui se complait dans sa plainte, c’est qu’elle a du mal à gérer ses problèmes
et pensent qu’elle a des amis. Mais elle peut se tromper.
Quand les gens ont des problèmes (de réels problèmes), on peut facilement concevoir qu’ils ne vont pas calculer la dose de ce qu’ils ont le droit de raconter ou pas selon leurs locuteurs. S’ils
s’adressent à des amis, pourquoi devraient-il se poser des limites dans la « quantité » : « attention, c’est ton ami, mais parle pas de ça, ni de ça, ni de ça, ça va faire trop » - wouhou, ben
alors c’est un drôle d’ami. Peut-être que je suis trop entière dans ma vision de l’amitié. Que mon idée de l’amitié est une utopie. Quand on a besoin de parler à son ami, c’est pour soi qu’on a
besoin, on sait bien que l’ami en question n’a nul besoin d’entendre tes problèmes. On ne parle suivant ce que ton interlocuteur « veut entendre ». Sinon, c’est que ton ami est un despote qui
choisit si tu as le droit et à quelle mesure de parler de tes problèmes. Je considère que l’amitié comprend de la disponibilité dans l’écoute (il ne s’agit pas d’un psy, certes, mais d’un soutien
minimum) et surtout, une écoute RECIPROQUE. Mais s’il n’y a qu’une partie qui s’exprime, on ne peut pas reprocher à cette partie de parler plus que l’autre, la première ne pouvant pas forcer
l’autre qui ne veut pas parler à parler.

La dernière catégorie n’existe pas, en effet. Et peut-être que certaines personnes, qui semblent en faire partie, ont tout simplement compris que leur « ami » n’était pas ce qu’elles entendaient et
qu’elle ont donc choisi la solution « allusionnée » dans la catégorie précédente, à savoir, choisir un autre destinataire, dans le cas où ces personnes auraient sous la main des amis qui ont la
même vision qu’elles de l’amitié. Auquel cas, le silence n’est pas une chose que ces personnes se sont imposées toutes seules, mais plutôt une chose qu’elles ont acceptée.

Et j’ai du mal à lire la partie sur la disparition qui n’est pas très claire pour moi.

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